Nos tutelles

CNRS

Rechercher




Accueil > Actualités

Séminaire

publié le , mis à jour le

Mardi 30 octobre 2012, de 12h30 à 14h30
à l’Institut de géographie, 191 rue Saint Jacques, 75005 Paris (RER Luxembourg)

POUR UNE NOUVELLE GÉOGRAPHIE DU COSMOPOLITISME : comment étudier l’investissement de l’espace public par les groupes dominés ? Quelques perspectives critiques autour des travaux de Saskia Sassen

Conférence-débat animée par David Goeury (ENeC)

Le thème : Pour une nouvelle géographie du cosmopolitisme : comment étudier l’investissement de l’espace public par les groupes dominés ? Quelques perspectives critiques autour des travaux de Saskia Sassen. L’objectif est de questionner le rapport entre la citoyenneté et la nationalité par le prisme de l’expression dans l’espace public de groupes considérés comme minoritaires. S’agit-il de simples stratégies de reconnaissance de groupes dominés qui pourraient s’exprimer dans l’espace public ? Ou plutôt l’affirmation d’un contre-mouvement qui serait à même de transformer la citoyenneté ? Sous forme d’organisations réticulaires formelles (ONG) ou informelles (diasporas), face à la domination d’organisations vertébrées (Etat,entreprises) ?

Francine Barthe, Louis Dupont et Olivier Milhaud, au nom de la future thématique A et du CPP

Ouvert à tous dans la limite des places disponibles


Argumentaire :

Notre deuxième mondialisation, commencée depuis les années 1970, est souvent analysée sous le seul prisme des rapports de domination qui favorisent l’affirmation d’une élite mondiale. Dédiée au bon fonctionnement de grandes entreprises, elle serait la seule à même de décider de l’organisation du Monde. Constituée autour de valeurs masculines européennes,elle maintiendrait une norme mondiale tant politique que culturelle : le libéralisme (économique comme politique) intermédié par des représentants (élus ou désignés). Ainsi, elle imposerait une structure de l’espace public pour assurer une réduction des coûts de transaction, favorisant, en priorité, l’intégration économique mondiale. Or ce phénomène est doublé de l’affirmation d’autres groupes, classiquement désignés comme dominés, car sous-représentés, voire exclus, des instances politiques, même si elles se veulent représentatives (femmes,migrants à bas salaires, groupes linguistiques minoritaires…). Ces derniers investissent les interstices de l’espace public pour s’affirmer politiquement ou culturellement.

Saskia Sassen propose alors de lire ces mouvements comme l’émergence d’un nouveau cosmopolitisme s’appuyant sur une redéfinition des catégories
que sont le citoyen et l’étranger. Elle privilégie le questionnement des pratiques politiques formelles ou informelles pour nous inviter à repenser l’observation de l’exercice de la citoyenneté dans un cadre transnational. Elle considère que la très grande agglomération est un excellent terrain d’observation du fait de l’incapacité de l’Etat et des grandes entreprises à déployer un ordre normé en tous ses lieux. Ces acteurs doivent,de fait, accepter de laisser des espaces interstitiels investis par d’autres groupes selon d’autres logiques. Nous considérons qu’il est possible d’observer le même phénomène dans d’autres espaces comme des régions enclavées de pays en voie de développement (Voir notre travail de thèse : Les espaces du mérite : enclavement, tourisme et mondialisation. Les cas de Zaouïat Ahansal (Haut-Atlas central, Maroc) et du Zanskar (Himalaya, Inde), Paris : Paris-Sorbonne, 2011)

Lectures :

1- Saskia Sassen, Par-delà l’Etat-nation. Politique et groupes marginalisés dans les « villes globales  » des États-Unis. Diogène. 2003/3 - n° 203 pages 70 à 78 ; http://www.cairn.info/revue-diogene-2003-3-page-70.htm

Ce bref essai s’attache à définir les espaces politiques et les acteurs politiques émergents. Le sujet dont je vais traiter ici concerne les modes politiques ne relevant pas du système politique formel, système qui offre de moins en moins de choix aux citoyens américains et aux immigrés. Les acteurs politiques informels et la street politic en sont les principaux exemples. Les villes américaines ont une longue histoire pour ce qui est de la street politic. Les contenus, les objectifs, les promoteurs et acteurs de ces politiques ont changé dans le temps. Aujourd’hui, les villes globales constituent des espaces très spécifiques en ce qu’elles rassemblent en un seul espace complexe, d’une part à la fois les secteurs les
plus mondialistes du capital et les nouveaux professionnels transnationaux, et d’autre part un nombre croissant d’immigrés et d’Américains marginalisés.

2- Saskia Sassen, The Repositioning of Citizenship and Alienage : Emergent Subjects and Spaces for Politics, Globalizations, May 2005
http://www.columbia.edu/~sjs2/PDFs/repositioning%20citizenship.2005.pdf

ABSTRACT : The two foundational subjects for membership in the modern nation-state, the citizen and the alien, are undergoing significant changes in the current period. The effect is a partial blurring of each the citizen subject and the alien subject. Some of these changes are not formalized and hence become particularly evident in certain types of contexts, foremost among which are cities. These can be seen as productive spaces for informal or notyet-formalized politics and subjects. In this examination of emergent possibilities, I first outline these changes vis-a-vis nationality and citizenship. Second, I dissect notions of national membership in order to create a set of tools for reconstructing citizenship analytically. In the third section, I delineate two key, incipient kinds of repositioned membership : unauthorized yet recognized subjects, and authorized yet unrecognized subjects. Fourth, I situate these repositionings within contemporary currents of citizenship theory. In the final section, I theorize the landscape of the global city as an especially salient site for the repositioning of citizenship in practice. At the scale of the city, and the particular urban space of the global city, there are dynamics that signal the possibilities for a politics of membership that is simultaneously localized and transnational.

Saskia Sassen, Par-delà l’Etat-nation
Saskia Sassen, The Repositioning of Citizenship and Alienage