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Séminaires ENeC Méthodes qualitatives : Cartographie sensible, puis Cinéma et cartographie

publié le , mis à jour le

Jeudi 4 décembre 2014, 9h00-11h00, salle 306, Institut de Géographie de Paris, 191 Rue Saint-Jacques, 75005 Paris

De la carte à la cartographie

Approche géographique des pratiques contemporaines autour de la restitution du sensible
avec Elise OLMEDO, Doctorante en géographie à l’Université Paris 1 (UMR Géographie-cités, équipe EHGO)

On observe aujourd’hui l’émergence d’objets cartographiques produits par des acteurs qui cherchent à représenter une géographie du sensible et des affects et montrent ainsi la relation que l’on noue avec les espaces que l’on traverse. Ces cartographies produites par des artistes, des paysagistes, des architectes, des chercheurs en sciences humaines diffèrent par de nombreux aspects des cartes traditionnelles, elles sont purement qualitatives et rendent compte des espaces tels qu’ils ont été perçus et vécus. Souvent éphémères et faisant l’objet de multiples versions notamment adaptées aux situations sensibles dans lesquelles elles sont engendrées, elles ne se laissent pas aborder dans le cadre d’un paradigme représentationnel. Ces cartographies sont engagées dans un processus qui outrepasse la forme car elles sont substantiellement reliées aux pratiques qui accompagnent leur naissance. En ce sens, elles sont davantage des cartographies que des cartes. Ce travail questionne ainsi la cartographie comme pratique et l’analyse dans ce qui fait son paradoxe d’être assujettie à la fixité et à l’irréversibilité du dispositif iconographique.

La méthodologie déployée pour aborder ces objets contemporains est une méthodologie d’enquête qualitative sur le terrain. Les outils classiques de l’histoire et de l’épistémologie de la cartographie ne s’adaptant en rien à ces images qui ne possèdent pas le statut de représentations, cette présentation montrera comment elle a été adaptée suite à une importante première phase de recherche méthodologique qui, loin d’être une phase préparatoire a permis de faire la lumière sur la nature de cette forme cartographique échappée des situations. La cartographie ainsi approchée dans sa dimension empirique est un processus dont le chercheur, en observant et en participant, peut faire l’expérience sensible. Dans cette perspective, cet objet interrogera donc aussi le géographe sur la tension épistémologique entre le sensible des situations de recherche et les dispositifs de production de la conceptualité comme l’écriture ou l’image dans la spécificité de la science qu’il fabrique.

Afin de préparer la séance sur les implications socio-culturelles d’une cartographie comme pratique en situation spatio-sensible (enjeux liés aux situations de recherche d’un langage commun ou un dispositif de communication partagée dans la mesure où les individus ne sont pas à la même place et/ou dans les conditions d’un rapport de domination) et de travailler la question d’objectiver la dimension sensible et relationnelle constitutive du terrain (enjeux scientifiques/éthiques/académiques de mettre cette dimension au coeur d’une recherche universitaire), voici quelques références utiles :

  • Labussière Olivier et Aldhuy Julien, « Le terrain ? C’est ce qui résiste. Réflexion sur la portée cognitive de l’expérience sensible en géographie », Annales de géographie, 2012/5 n° 687-688, p. 583-599.
  • Mekdjian Sarah et alii, 2014 (à paraître), "Figurer les entre-deux migratoires. Une expérience scientifique et artistique d’ateliers participatifs de cartographie", Carnets de géographes, 7 – rubrique "Carnets de terrain", 18 p.

Jeudi 18 décembre 2014, 9h00-11h00, salle 306, Institut de Géographie de Paris, 191 Rue Saint-Jacques, 75005 Paris

Cartographier les œuvres de fiction : le cas de Hong Kong au cinéma

avec Nashidil ROUIAI Université Paris-Sorbonne (ENeC) et Juliette MOREL Université Rennes 2 (CELLAM / ENeC)

Dans le cadre d’un travail sur les représentations de Hong Kong au cinéma et leur portée géopolitique, la cartographie intervient à plusieurs niveaux. Elle permet d’abord de décrypter les représentations du territoire véhiculées par les films (fixation de lieux sur-signifiés, sur-représentés ou sur-invoqués, mise en lumière des marges, des espaces fantômes, invisibles). Ensuite, elle met en valeur les modifications géographiques à l’œuvre dans les films étudiés (du déplacement dans l’espace d’un lieu réel au déplacement fonctionnel d’un lieu dans la fiction). Enfin, la carte permet de fixer des situations, d’accéder à une vision d’ensemble rendant possible l’interprétation. Ainsi passe-t-elle d’outil d’illustration, à outil d’analyse, et vecteur de démonstration.

Les difficultés rencontrées lors de la mise en carte des représentations cinématographiques de Hong Kong nous permettent d’ouvrir des réflexions plus générales. Quelle est la nature de la donnée cinématographique ? Peut-on/Doit-on/Jusqu’où quantifier dans une approche culturelle ? Dans quelle mesure la cartographie « vue de haut » - mettant simultanément en présence et en rapport des informations – peut-elle représenter de manière pertinente la temporalité et le mouvement du récit cinématographique ? Au-delà, l’horizontalité de la prise de vue et du paysage au cinéma peut-elle faire bon ménage avec l’oeil cartographique ?

Voici quelques références pour préparer la séance

  • Joliveau T. and Caquard S. (2012). Instrumenter et analyser les liens entre espace et fiction à l’ère numérique. In V. Maleval, M. Picker et F. Gabaude (eds.), Géographie poétique et cartographie littéraire, Limoges, édition des PULIM, 35-47.