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Soutenance d’HDR

publié le

Soutenance d’Habilitation à Diriger des Recherches de M. Amaël Cattaruzza (Maître de conférences à l’Université Paris-Sorbonne- Paris IV)

Géopolitique des données. Pour une approche critique de la datafication du monde

qui se déroulera le lundi 11 décembre 2017 à 14h, à l’Institut d’Urbanisme et de Géographie Alpine, Salle des Actes.

Devant un jury composé de :

  • Anne-Laure Amilhat-Szary, Professeure de Géographie à l’Université de Grenoble-Alpes (garante)
  • Gilles Bastin, Professeur de Sociologie à l’Institut d’Etudes Politiques de Grenoble
  • Frederick Douzet, Professeure de Géopolitique à l’Institut Français de Géopolitique, Paris 8 (rapporteuse)
  • Francisco R. Klauser, Professeur de Géographie à l’Université de Neuchâtel (rapporteur)
  • Stéphane Rosière, Professeur de Géographie à l’Université de Reims (rapporteur et président du jury)

Résumé
Big Data, Internet des objets, Machine learning… en près de deux décennies, notre production de données numériques a explosé et elle continue aujourd’hui de s’accroître de manière exponentielle jour après jour. La perspective critique de ce phénomène montre en quoi cette datafication du monde n’est pas indépendante des sociétés qu’elle décrit. En ce sens, les données ne sont pas des éléments naturels que l’on devrait subir, mais sont des produits humains, issus de choix politiques, économiques, sociaux, idéologiques, philosophiques, éthiques (ou d’absence de choix). Elles ne sont pas neutres, et révèlent des stratégies et des représentations d’acteurs. Au niveau politique, le contrôle des données (leur production, leur collecte, leur stockage, leur sécurisation, leurs flux) est devenu un enjeu majeur pour les Etats comme pour les individus, et bouleverse la scène internationale (nouveaux acteurs, nouvelles rivalités, « cyberguerre », etc.). Au niveau social, l’usage des données produit de nouveaux modes d’organisations, de nouvelles pratiques, une nouvelle économie. Il modifie les rapports de forces et les jeux de pouvoir dans la société, et engendre de nouvelles manières d’appréhender l’espace et les populations, pour les scientifiques comme pour les gouvernements et les administrateurs.
L’interprétation géopolitique nous fournit des outils pour mettre au jour les relations humaines au cœur de ces techniques. Ce faisant, elle suggère une réflexion sur les opportunités et les risques que ces technologies impliquent et appelle le citoyen et le politique à définir leurs stratégies face à ces nouveaux enjeux. Dans cette optique, ce travail propose une grille de lecture opérationnelle pour appréhender la production, la collecte, les flux, le stockage, le traitement, l’archivage des données par le prisme d’analyses multiples et complémentaires (topographique, topologique, géopolitique, critique). Dans ce domaine comme dans d’autres, on a trop souvent mis dos à dos des lectures universitaires critiques et des recherches plus institutionnelles et « pragmatiques ». Sans négliger la spécificité de chacune des perspectives, il me semble aujourd’hui important d’associer ces différentes approches dans l’étude géopolitique des données, objet dont le caractère technique nous prive en partie d’un indispensable recul critique.