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Accueil > Recherche > Orientations de de la recherche 2019-2023

Rapports de pouvoir

publié le , mis à jour le

Ce second axe, initié depuis plusieurs années au laboratoire, étudie les normes sociales, culturelles, urbaines et environnementales qui peuvent dans certains contextes mener à conflits. L’analyse des rapports de pouvoir est largement sous-tendue dans les études de genre, dont ENeC a été précurseur en France. Dans le nouveau contrat, les études sur les corps, sexes et sexualités ouvrent des perspectives de convergence transversales entre la géographie culturelle, urbaine et environnementale, sur les questions d’inclusion/exclusion, de domination, de pouvoir et d’inégalités.

Ainsi dans l’axe culturel, déjà introduit dans les années passées par les recherches sur le genre, le corps forme une thématique nouvelle et innovante. L’idée est de partir du corps comme premier intermédiaire dans la relation au monde afin de mieux comprendre les tensions entre les logiques de subjectivation, les normativités et les rapports de pouvoir dans une approche intersectionnelle. La dimension plus politique de cette thématique se focalisera sur les questions de sécurité, d’enfermement et de contrôle, sur lesquels plusieurs chercheur.e.s travaillent. Elle s’intéressera en particulier aux dispositifs techniques (organisation architecturale, technologies de surveillance, numérisation, etc.), dont certains peuvent être en partie autonomes , et qui, au même titre que l’approche corporelle, représentent un volet matériel et tangible des espaces sociaux, souvent “naturalisé” par les acteurs, alors qu’ils s’inscrivent au contraire dans des relations hiérarchisées. En analyse sociale, l’étude des rapports de pouvoir et de leur inscription matérielle et symbolique dans l’espace et sur les corps, délimite de fait ceux qui sont considérés comme légitimes vs marginaux, désirables vs détestables, valorisés vs invisibilisés… On retrouve ainsi les thèmes de marginalisation ou d’exclusion déjà mis à l’étude dans le laboratoire et qui vont se poursuivre. De ces travaux, la question de la réflexivité devient une réelle préoccupation et un champ de spécialisation méthodologique.

En résonance avec les thèmes de la marginalisation ou de l’exclusion, la thématique nouvelle de la ville inclusive mettra à l’étude les inégalités d’accès ou de perception et les représentations de minorités plus spécifiquement en milieu urbain. Questionner les pratiques socio-spatiales des personnes aux mobilités marginales est en projet (sur les personnes âgées, les enfants, les personnes ayant un handicap ou les personnes précaires). Toujours dans le domaine urbain, les recherches en aménagement urbain s’intéressent plus spécifiquement aux gouvernances citoyennes et aux stratégies d’acteurs dans les projets urbains (ville citoyenne). L’idée est d’interroger les formes de développement de la participation du public en France dans la prise de décision en matière d’aménagement, et la manière dont cette implication fait évoluer les normes.

À l’interface entre les axes urbain et environnement, le thème de la nature en ville abordé au cours du dernier quinquennal débouche sur une réflexion concernant les possibles combinaisons entre les objectifs écologiques et écosystémiques de la biodiversité urbaine et la biodiversité souhaitée, imaginée, pratiquée par les habitants, les gestionnaires et les décideurs. De nouvelles thématiques naissent de ces synergies, comme les services écosystémiques et l’acceptabilité de la biodiversité animale en milieu urbain (thèse engagée).

Et plus spécifiquement en environnement, la biodiversité est abordée à travers la notion plus large de géodiversité. Cette question sera entre autres interrogée par le biais des normes et des modes de gouvernance qui prévalent en matière de gestion des formes de biodiversité menant parfois à une mise sous tension des territoires. Pour ce qui est des conflits d’usage, cette question est traitée sous deux angles. Le premier est l’axe juridique ; le second est la biodiversité à travers deux figures opposées que sont les espèces végétales invasives et les espèces protégées.