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Accueil > Recherche > Orientations de de la recherche 2019-2023

Territoires en transitions

publié le , mis à jour le

Le troisième axe du laboratoire met en analyse les territoires dans leurs dynamiques de transitions dans lesquelles ils sont engagés. Cet axe entre en résonnance avec celui sur les pratiques transformantes dans le sens où l’on va ici mettre en analyse plus spécifiquement les territoires en lien avec des changements, notamment climatiques mais aussi socio-politiques.

À l’interface entre la dimension culturelle et urbaine, la question des circulations prise au sens large permettra de s’intéresser aux diversités sociales et culturelles des mobilités humaines, dont les migrations internationales d’une part et en lien avec les systèmes de transports urbains existants d’autre part. Dans les deux cas, les terrains d’étude envisagés porteront sur des espaces des pays du Nord et du Sud, afin de pouvoir confronter les méthodes et les analyses et les intégrer dans une perspective Nord/Sud. Un séminaire sera organisé, durant 2 ans, portant sur « Villes en transition, regards croisés Nord/Sud » avec également la participation des étudiants de Masters sur les enjeux du cosmopolitisme urbain : saisir la ville depuis ses habitants mobiles et ses hybridations identitaires et patrimoniales. D’ores et déjà, un programme de recherche engagé pour 2018-2019 sur "Redefining Abu Dhabi’s Public Spaces : Urban Classification and Social Interaction" permettra d’observer comment la diversité des habitants d’Abu Dhabi liée à sa structure migratoire très particulière (85% d’étrangers) façonne les espaces publics à travers leurs pratiques quotidiennes.

Naturellement, ces recherches trouvent un écho par rapport aux nouvelles formes de mobilité quotidiennes. De manière générale, les travaux d’ENeC peuvent solidement s’inscrire dans le « tournant mobilitaire ». Un atelier de lectures sur « Rythmes des lieux et inclusions urbaines, entre aménagements et pratiques de mobilité » animera les réflexions dans ce sens.

Dans le domaine urbain plus spécifiquement, le projet vise à analyser comment l’évolution des mobilités (résidentielles, internationales, quotidiennes) non seulement bouleverse les territoires, mais oblige à modifier les méthodes et techniques de la planification des territoires et des infrastructures. Ces thématiques nouvelles ouvrent la voie à la question de l’innovation. Ainsi, un nouveau thème est engagé sur l’imaginaire de la robot-mobilité. En partie amorcée dans le précédent contrat, le sujet des « smart cities » ou « knowledge cities » sera abordé plus largement en lien avec les mutations technologiques qui brouillent les limites entre des sphères d’action publique auparavant séparées (transport, communication, énergie et logement). De nouvelles études seront déployées qui concernent la planification territoriale, les usages juridiques et les appropriations politiques et techniques. Il sera question aussi d’étudier l’intégration de l’écologie dans la planification et les projets urbains comme moyen d’engager les territoires dans la transition écologique.

L’adaptation aux changements environnementaux, comme objet d’étude, est abordé spécifiquement par la mise à l’étude des processus environnementaux, leurs temporalités et les risques inhérents. Plusieurs chercheurs et doctorants sont engagés dans cette thématique qui croise des approches sur le temps long (héritages, pratiques anciennes) et du temps court et prospectif (adaptation au changement environnemental). De nouvelles thématiques sont mises à l’étude telles que la modélisation multi-acteurs du changement climatique et environnemental, et l’approche spatiale et cartographique de la vulnérabilité et de l’adaptabilité aux changements environnementaux. Ces travaux sont menés dans des milieux critiques et extrêmes, particulièrement vulnérables au changement environnemental et où existe une demande sociale quant à l’élaboration de stratégies d’adaptation, et aussi sur des sites d’étude plus proches soumis à des risques environnementaux et demandeurs de stratégies d’adaptation. L’originalité vient du fait d’intégrer une approche environnementale sensu stricto avec une approche culturelle (perception des changements environnementaux par les acteurs, perceptions et acceptabilité des risques par les populations). Ces questions contribuent au questionnement commun du laboratoire sur les transitions, puisqu’il s’agit ici de positionner la recherche par rapport aux prises de décision des acteurs, avec l’élaboration de stratégies adaptatives, patrimoniales et/ou atténuant leurs impacts négatifs. Cela permet aussi de questionner le rôle des temporalités (passé, présent, futur) dans la résilience des territoires.